L'ordre n'est pas mort, il bouge encore!

Publié le par guinnessdrinker

Mais Que devient l’Ordre National des Infirmiers ? C’est la question que bon nombre d’infirmières et d’infirmiers sont en droit de se poser. Disparus les conseils de l’ordre ? En mode furtif pour préparer une nouvelle stratégie insidieuse ? Ou dans un profond coma végétatif attendant désespérément que les IDE ne les réaniment à coups de cotisations… Un petit rappel des derniers évènements  en date s’impose.

 

Volte face ministérielle ou comment prendre une gifle de son ministre de tutelle…

Le 19 mai dernier, à l’assemblée Nationale, Yves BUR, député UMP et auteur de la proposition de loi visant à exempter les infirmiers salariés d’une inscription obligatoire à l’Ordre, interpelle Mme BACHELOT quant au malaise profond qu’engendre l’instance ordinale dans la profession et à ses méthodes douteuses (voir le compte rendu écrit de l’échange en annexe).

Jusque là, la ministre de la santé ne cessait de répéter qu’elle n’avait pas à intervenir dans les affaires de l’ordre mais qu’elle avait, comme l’ensemble des députés de la majorité, toujours préconisé une cotisation symbolique d’un montant inférieur à 20 euros. Ce qu’elle précise à nouveau dans sa réponse à Mr BUR. Cependant, quelle surprise de voir le radical changement de position dans la suite de son propos.

En effet, elle insiste sur le fait qu’à plusieurs reprises, elle-même ou les parlementaires ont insisté lourdement auprès des instances ordinales pour que celles-ci revoient la cotisation à la baisse. La ministre déplore alors que « Rien n’y a fait, les instances ordinales n’ont pas voulu obéir à ces conseils de bon sens ».

Elle déclare même, à propos des menaces et pressions brandies honteusement par les dirigeants ordinaux : « Je ne laisserai pas intimider les infirmiers salariés par une demande de 150 euros ! » (Il se murmurait alors que les professionnels qui ne s’étaient pas acquittés de l’impôt ordinal en 2009-2010 devraient payer leur cotisation de retard + la suivante). Elle rend au passage un hommage appuyé au Haut Conseil des Professions Paramédicale. Hommage en forme de tacle à l’encontre de l’ordre…

Elle conclue donc sa réponse en précisant que « Notre système de santé a besoin de cohésion, il n’a pas besoin d’un double pilotage. C’est la raison pour laquelle je soutiendrai votre proposition de loi ».

L’ordre venait de se prendre une grosse fessée en direct à l’Assemblée Nationale et Yves BUR trouvait là un soutien de poids à sa proposition de loi déjà cosignée par une centaine de députés de la majorité.

 

L’ordre s’insurge et reste droit dans ses bottes.

Comme à son habitude, enkystés dans leur  mauvaise foi ou aveuglés par le rôle de messie de la profession dont ils se croient investis, les dirigeants ordinaux s’insurgent et ne comprennent pas comment on peut remettre en question leur légitimité et leur existence. Ils sont là pour sauver la profession ! On commence cependant à voir poindre dans leurs propos un mépris profond pour tous ces  IDE qui n’ont pas obéit docilement à leur nouveau guide suprême autoproclamé. D’ici à déclarer ouvertement que les quelques 90% d’infirmier(e)s étaient stupides et n’avaient rein compris, il n’y avait qu’un pas…

Dès lors, quoi de plus normal que de voir les dirigeants ordinaux continuer à faire comme si de rien n’était et à organiser ici et là dans nos belles régions des inaugurations de locaux avec petits fours et tapis rouges pour les autorités locales ? Quoi de plus normal aussi que de voir le conseil national valider un budget prévisionnel 2010-2011 à hauteur de 39 040 110 euros, encore plus élevé que le précédent ?

L’ordre ne tient donc absolument pas compte des remarques ministérielles et parlementaires tout comme il a ignoré jusqu’alors les revendications et la grogne des professionnels qu’il prétend représenter. Résultat : le conseil national de l’ordre décide de fixer la cotisation pour l’exercice 2010-2011 à … roulements de tambour… 75 euros !

 

Riposte et contre riposte…

La psychorigidité ordinale ouvertement affichée par ses dirigeants oblige donc la ministre et les parlementaires à riposter. Dans ce combat de coqs dont la fierté n’a d’égal que l’obstination, il ne s’agirait pas, ni pour l’un ou l’autre camps, de perdre la face ! Euh… Et les infirmiers dans tout ça… Ben ils attendent.

Ils attendent que cet échange trouve un vainqueur. Face à la réaction ordinale, la balle était donc dans le camp des politiques. Ces derniers ont donc décidé de poser un ultimatum à l’instance ordinale, lui demandant à nouveau de revoir à la baisse le montant de la cotisation faute de quoi, la proposition de loi du député BUR serait discutée à l’assemblée. Ce qui reviendrait à dire que, normalement (et j’insiste tout de même sur le « normalement »), la loi aurait de fortes chances d’être votée.

L’échange continue, la balle est dans le camp de l’ordre qui décide de réunir un conseil extraordinaire le 1er juillet. Et, devinez quoi, fidèles à leur comportement tant irrationnel que borné, les dirigeants ordinaux réaffirment que la cotisation sera bien de 75 euros et que les Conseils départementaux vont très vite s’occuper d’envoyer les appels à cotisation aux professionnels. Ils ont même apporté à nouveau leur confiance à la présidente de l’ordre, Mme Le Bœuf. Que d’hypocrisie quand on sait que les luttes d’influences font rage au sein du  conseil national de l’ordre… Mais faut surtout pas perdre la face, ça ferait mauvais genre.

Moralité : la balle est dans le camp des politiques parce que l’ordre a décidé de ne pas céder et de continuer à vouloir racketter les infirmier(e)s. Pas étonnant en fait, parce qu’outre la légitimité, il y a autre truc dont l’ordre manque cruellement pour exister : l’argent.

 

L’élaboration d’un budget pour les nuls…

Tel est le titre de l’ouvrage qu’auraient dû se procurer les dirigeants ordinaux pour préparer leurs budgets. Cela dit, pas besoin de sortir de Saint-Cyr  pour éviter d’être aussi irresponsable en matière de dépenses. En effet, ça pourrait faire sourire si ce n’était pas aussi pathétique, mais on apprend que nos chers élus de l’instance ordinale suprême, tellement persuadés d’êtres les sauveurs de la profession aux yeux des IDE, tellement sûr que l’existence d’un ordre infirmier était voulue de tous, tellement convaincus de l’unanimité qu’ils génèrent, avaient basé leur budget prévisionnel initial sur 100% de cotisants ! Et le pire, c’est qu’au vu des chiffres avancés pour le budget de l’exercice 2010-2011, on est en droit de penser que le même raisonnement a été appliqué une seconde fois. Invraisemblable alors qu’ils ont eux-mêmes fourni le chiffre de 10% de cotisants pour 2009-2010. A ce point, ce n’est même plus de l’obstination mais une grosse mauvaise blague pas drôle.

Alors on peut chercher une justification à tout ça… Qu’est-ce qui cloche là-haut ? Une seule explication : 10% de cotisants sur un budget prévisionnel à environ 38 000 000, ça fait un manque à gagner d’à peu près 34 000 000 d’euros. Il manque des sous là, non ?

Autre élément, on sait maintenant que l’ordre avait souscrit un emprunt de pas moins de 19 millions d’euros pour financer une partie de sa première année d’existence. Emprunt à propos duquel on est en droit de se poser une question : qui s’est donc porté garant ? L’ordre ne cesse de mettre en avance son indépendance totale…hum hum…

Et c’est pas tout. Quand on emprunte, il y a des intérêts à rembourser. Et en ce qui concerne ce prêt pharaonique, les intérêts générés s’élèvent à environ 750 000 euros qui doivent être pris en compte par le nouveau budget pour l’exercice 2010-2011. Du grand n’importe quoi…

Au final, ce n’est peut-être pas les politiques (dont on attend la réaction face aux décisions du Conseil extraordinaire de l’ordre du 1er juillet) que craignent le plus les dirigeants ordinaux mais bien les professionnels car ils marquent leur profond désaveux par un boycott massif des cotisations qui risque de signer la mort financière de leur joujou.

 

Conduite à tenir face à la mort imminente d’une instance ordinale imposée :

Réponse : le boycott des futurs appels à cotisation. A ceux qui ont payé l’an dernier : rejoindre le boycott. A ceux qui n’ont pas payé l’an passé : continuer le boycott. A tous : nous n’avons pas à financer et à supporter le coût du fiasco budgétaire dont les uniques responsables sont les partisans de la création de l’ordre, ceux-là même qui sont les actuels dirigeants de l’instance ordinale. Ils ont créé le désordre, ils se sont mis eux-mêmes dans une situation périlleuse. Qu’ils écopent eux-mêmes leur bateau. Les IDE ont d’autres préoccupations que de sauver ce sombre navire d’un naufrage annoncé.

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