Réponse à ide1601
Je me permets d'écrire cet article en réponse au commentaire de ide1601 laissé à propos de mon dernier post.
Avant de répondre point par point aux reproches qui me sont adressés, je tiens à repréciser un élément important :
Quand je parle d'illégitimité, cela fait bien évidemment référence au sentiment d'injustice qui envahit la majorité des professionnels infirmiers à qui on a imposé ce truc. Il est évident qu'au regard de la loi tout a été prévu pour que l'existence de l'ordre ne souffre d'aucune illégalité. Ce n'est pas étonnant puisque ce caprice de quelques lobbyistes minoritaires dans la profession (et oui, il ne s'agit en aucun cas d'une demande de la majorité des professionnels) trouve à bien des égards des échos dans la politique (plus que discutable) de santé actuellement mise en place par notre chère ministre et ses supérieurs hiérarchiques. On nous l'a joué sous-marin ou encore façon 49-3, article maintes fois brandi par le gouvernement actuel pour faire passer de force des décisions en bafouant la démocratie au sens premier et philosophique du terme. Alors oui, si on parle de légitimité en regard de la loi, l'ordre est sans doute "légitime" mais il ne l'est pas d'un point de vue moral. Et c'est ça qui crée et va encore créer la grogne. Le manque de débat, d'information, de concertation de la base lui donnent des fondements éthiquement plus que discutables. C'est en cela que les professionnels ne le considèrent pas légitime tout comme ils seront sans doute choqués et dérangés par bon nombre de décisions de cette instance car ils les trouveront, de par le fait, elles aussi illégitimes. On leur a manqué de respect et de considération et c'est bien cela le plus grave pour une instance ordinale qui prétend oeuvrer, entre autres hypocrisies, pour une profession soudée...
"’n'aurait il pas fallut en temps et en heure mobiliser vos troupes afin de faire pencher la balance dans le sens qui vous parait le mieux??"
Cela aurait été possible si cette obscure mise en place s'était faite avec une information concomitante sur la totalité des intentions de l'ordre dans le détail. Comment créer un débat débouchant sur un vote éclairé quand l'ordre ne daigne pas communiquer de façon claire? Encore une fois, si tel avait été le cas, il aurait fallu organiser un véritable référendum qui seul aurait été le reflet d'une véritable marque de considération pour tous les infirmiers. Et il y a fort à parier que ce truc n'aurait jamais vu le jour. Concernant les élections, comment inverser la tendance de quoi que ce soit puisqu'on était déjà devant le fait accompli : "mesdames, messieurs, l'ordre existe, c'est comme ça, on vous demande pas votre avis, c'est trop tard, alors maintenant, votez pour des gens qui vous représenteront (hum hum...) en son sein". C'est bien en amont qu'il fallait instaurer un débat, ces élections n'étaient que la suite logique d'un processus honteux engagé à l'encontre du respect des professionnels et à leur insu. Ouvrons bien les yeux : un taux de 13,73% est bien la preuve d'une part, que cet ordre, au moment des élections n'était qu'une nébuleuse dont personne ou presque n'avait entendu parlé et d'autre part, et d'une façon presque certaine, le reflet d'une contestation des gens y étant opposé (comme moi, et je suis loin d'être le seul cher collègue).
" continuez vos recherches et je suis certain que vous trouverez un budget primitif expliquant le montant de la cotisation."
Je m'y suis attelé, et même longuement. Maintenant, si vous savez où obtenir ces renseignements, je serais très curieux d'en prendre connaissance.
"La mise en place de l'ordre coûte"
C'est évident et d'ailleurs, où a été trouvé l'argent qui a été avancé à l'ordre pour sa mise en place? Encore une fois, quand bien même il faut de l'argent pour tout ce truc, n'est-il pas honteux de demander à tous ces professionnels de l'argent pour financer une instance dont il ne voulaient pas? Allez leur demander et vous verrez leurs réactions...
"Je pense qu'il est toujours facile de critiquer, et beaucoup plus difficile de prendre part à la mise en place de cette institution"
Au contraire, il est bien plus difficile d'engager une lutte contre quelque chose d'injuste. Et quant à la difficulté "de prendre part à la mise en place de cette institution", ce n'est pas elle qui me freine étant donné que je n'ai jamais voulu la mise en place de cette chose. Il est nettement plus facile de prendre le train en route que de le stopper...
"N’aurait il pas fallu vous investir avant et ainsi aujourd’hui je pense que votre discours serait différent!"
pour info : je m'investis dans la lutte contre ce truc depuis bien longtemps (faut pas se fier simplement aux dates et articles de mon blog...) et c'est bien pour cela que mon avis est celui qu'il est, il s'est forgé sur une très longue période. Merci de ne pas me faire la leçon... Par ailleurs, je lutte contre la réforme LMD, la loi sur l'hôptial public, etc... contre tout ce qui ne constitue pas une réponse adaptée aux problèmes grandissants du système de santé dans sa globalité et qui, c'est encore pire, ne fera qu'aggraver ces derniers... En résumé contre la politique injuste, libérale et par la même destructrice menée par le gouvernement actuel en terme de santé. Pour en revenir au sujet qui nous interesse ici, le bras de fer ne fait que commencer. S'il est vrai qu'au départ (et ça arrangeait bien l'ordre...), peu de gens ont réagi (normal, l'ordre s'est bien gardé de communiquer à grande échelle, ça lui aurait sans doute été préjudiciable...), il en est autrement maintenant et c'est tant mieux.
Je reste ouvert au débat avec les "pro-ordre", à la différence des représentants et dirigeants de l'ordre qui n'ont cure de l'avis de la base et qui n'ont jamais ouvert le dialogue de manière constructive et démocratique au moment du projet de création de l'ordre. Et même à l'heure où l'ordre s'est imposé à la profession sans avoir consulté ceux qui la compose, n'aurait-ce pas été la moindre des choses que de communiquer à chaque infirmier, , avec la plus grande des transparences et de manière exhaustive, l'intégralité des missions, objectifs, mode de fonctionnement et politiques de l'ordre plutôt que de lui adresser de but en blanc le dossier à renvoyer accompagné d'un chèque de 75 euros? Il y a fort à parier que ça ne va faire que gonfler les rangs des opposants à l'ordre. Et dernière chose, si l'ordre s'était voulu "pédagogique" comme le dit si bien sa présidente dans la lettre qu'elle va nous adresser, comment se fait-il, qu'à l'heure actuelle, de nombreux collègues ignorent jusqu'à l'existence même d'un ordre infirmier. Je n'ose même pas imaginer leurs réactions quand il vont recevoir leurs courriers d'inscription...
Vous dites que c'est comme ça qu'il va falloir travailler pour oeuvrer dans le bon sens. Il faut travailler, je suis d'accord. Mais il faut avant toute chose oeuvrer et travailler avec la totalité des professionnels et non pas dans leur dos et au mépris de leur avis et de leur choix comme cela a été fait.
C'est là que réside le scandale, c'est là que réside l'injustice, c'est là que réside l'illégitimité ressentie par une majorité d'infirmiers et d'infirmières et dont je parlais plus haut.
A bon entendeur.
*l'ordre en berger de la profession? Désolé, j'suis pas un mouton!*