Huit bonnes raisons de boycotter l'ordre infirmier

Publié le par guinnessdrinker

J'ai décidé aujourd'hui de publier une liste de huit bonnes raisons de boycotter l'ordre infirmier. La liste n'est pas exhaustive, libre à vous d'en rajouter!

Allons-y :

1- Il n'est pas une demande de la base. C'est un caprice d'une minorité s'inscrivant en plein dans la politique gouvernementale en matière (de destruction du système) de santé. Le "groupe sainte-anne, à l'initiative de la création de cette instance ordinale, se prétend être, au regard du seul fait qu'il regroupe une cinquantaine d'association (dont presque aucun infirmier ne connaît l'existence...), le porte parole de toute une profession... Leur site internet pour les curieux ou ceux qui veulent se faire du mal : http://www.groupe-ste-anne.org/ 

2- Il a été mis en place en bafouant les principes démocratiques de base : non concertation des principaux concernés, absence de seuil de participation aux élections, maque total de transparence, bientôt inscription obligatoire au tableau sans l'avis de l'intéressé... Pour info, dans la grande majorité des processus électoraux dignes de la Démocratie, il faut atteindre un certain niveau de participation pour que le vote soit considéré comme légitime. Pour les élections de l'ordre, un seul votant aurait suffi à valider le scrutin... C'est pourquoi, dans l'immense majorité des scrutins démocratiques, une participation de 13,73% aurait rendu caduque le vote. Pas pour l'ordre. Cette manoeuvre s'inscrit tout à fait dans la logique d'une mise en place de l'ordre à l'insu des professionnels.

3- Il ne répond pas aux revendications des infirmiers et infirmières (revalorisation des salaires, manque de moyens, sous-effectifs, refonte de la formation...) et encore moins à l'amélioration significative de la prise en charge des patients, ce qui constitue l'essence même de notre beau métier. Je souligne encore au passage que la refonte de la formation à la sauce LMD n'est, à mon humble avis, absolument pas adaptée. D'autant plus qu'elle a été pondue en urgence sans aucune concertation constructive de grande ampleur. Tiens donc... sans concertation...mais...l'ordre agirait-il à la Bachelot?

4- Il participe, de par sa simple existence, au démantèlement du service public. Pourquoi déléguer à une instance privée (financée par la ponction de 20 centimes par jour sur le salaire des infirmier(e)s...un comble!!!) des rôles dévolus à des organismes de service public (DDASS et établissements) même s'il aurait fallu redonner quelques moyens supplémentaires à ces derniers?

5- Il prétend avoir pour mission d'assurer la déontologie de la profession par la mise en place de règles professionnelles. Tout est déjà en place pour ça!!! Ces questions sont dors et déjà du ressort du Haut Conseil des Professions Paramédicales, du Comité National d'Ethique et de la Haute Autorité de Santé. S'il est convenu qu'il statuera sur les compétences infirmières, cela sous-entend qu'elles ne seront plus établies dans le cadre du Code de la Santé Publique et donc, qu'elles ne seront plus soumises au vote? C'est pratique un ordre : on le laisse décider des compétences infirmières et on lui octroie la totale liberté de punir en interne le cas échéant. Tout bénéf' pour Mme Bachelot et sa réforme de l'hôpital (dans laquelle les infirmier(e)s auront de plus en plus de responsabilités sans revalorisation salariale ni augmentation de moyens...). La politique menée en matière de santé sera inévitablement source d'erreurs et de drames (tellement éloignée des réalités du terrain)...

6- Il vient créer, pour les salariés du secteur public (la grande majorité des professionnels), une autorité supplémentaire (ou devrais-je dire "une énième épée de Damocles"...) et parallèle à celle existante (chef d'établissement). Il est de par le fait inutile pour les fonctionnaires. Et dangereux par son rôle disciplinaire et arbitraire (faire de la justice en interne sans rendre de comptes à qui que ce soit. sanctions, mises à pied... ça fait peur quand on voit la conception de la démocratie au sein de l'ordre...).

7- Il est aussi fait pour court-circuiter les syndicats en faisant croire qu'il va oeuvrer pour la revalorisation de la profession. Jamais une instance soutenue par un gouvernement qui dilapide le système de santé français et qui, par là même, détériore les conditions de travail des professionnels, ne pourra prétendre militer pour la défense des droits de ces derniers. Ce rôle est définitivement et naturellement dévolu aux syndicats. Le gouvernement aurait-il facilité l'avénement de l'ordre si ce dernier avait pour but de féderer les infirmiers et infirmières et de créer un super syndicat au pouvoir tout puissant? Ne soyons pas dupes : l'ordre a les faveurs des hautes sphères. Il n'existe pas pour nous rendre service.

8- Il est honteux de taxer des infirmier(e)s déjà ponctionnés de toutes parts dans leur budget pour financer une instance qu'ils n'ont pas demandé et qui ne leur sera d'aucune utilité. On demande une revalorisation des salaires et l'ordre nous enlève 75 euros par an? Est-ce là oeuvrer pour une revalorisation du pouvoir d'achat? Mme Leboeuf nous dit qu'il ne s'agit que de 20 centimes par jour, mais sur le principe, n'est-ce pas déjà fort contestable? Sans compter que l'an prochain, la cotisation sera déjà revue à la hausse : 82 euros. Combien dans deux ou trois ans? 150 euros ou même 200 comme dans d'autres ordres professionnels créés il y a seulement quelques années? Ah mais oui, je suis distrait, évidemment qu'il faudra augmenter les cotisations puisque de nombreux postes d'infirmier(e)s auront été détruits d'ici là at que l'ordre n'aura rien fait pour l'éviter. Faudra bien compenser le manque à gagner. Décidément, j'ai bien du mal à intégrer les concepts capitalistes...

8- Et enfin, il est important de montrer, par le boycott de l'inscription et de la cotisation, que nous existons bel et bien et que l'on ne peut décider pour ses "confrères et consoeurs" en les ignorant et sans daigner recquérir leurs avis sur des décisions aussi lourdes que celles de la création d'un ordre qui régira toute une profession. Il faut enrayer le processus pour avoir le temps d'apporter à tous les infirmiers une information claire, de permettre discussions et débats autour de ce sujet au sein de la profession, ce que les instigateurs de l'orde n'ont jamais jugé utile faire, conscients, sans doute, que cela aurait nui dangereusement à l'élaboration et à l'avènement de leur projet scandaleux. On ne peut pas laisser quelques centaines de personnes décider pour plusieurs centaines de milliers d'autres. ça ressemble fort à une oligarchie tout ça...


A vous de méditer là-dessus et de créer le débat autour de vous.


Auprès de vos collègues pour les infirmier(e)s.


Auprès du grand public pour les autres, ça ne pourra que servir notre cause!!!


A bon entendeur.



*l'ordre en berger de la profession? Désolé, j'suis pas un mouton!*

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article