Réponses de l'ordre et budget
L'ordre répond aux interrogations...du moins à celles qu'il a choisies...
Le 16 septembre, les responsables et cerveaux en communication de l'ordre ont décidé de publier un communiqué de presse sous forme de questions/réponses censé lever les doutes des septiques quant au fait de renvoyer ou non le dossier et le chèque de cotisation. Seulement, à la simple lecture de ce truc, on s'aperçoit que l'ordre a choisi de répondre à des interrogations en shuntant les principales (j'y reviendrai plus loin) et surtout d'instaurer la peur et la crainte pour forcer les professionnels à obtempérer plutôt que de tenter de les convaincre du bien fondé de l'ordre (pas étonnant comme choix étant donné que c'est peine perdue et qu'aucun argument dans ce sens n'aurait été valable aux yeux des professionnels de terrain).
Vous pouvez prendre connaissance de ce document ici :
http://www.soignants.com/echanges/doc/doc_33579_Questions_reponses_dossier_inscription_170909.pdf
Le contenu de ce document est pathétique et honteux. Comme je le disais plus haut, ils ont choisi de faire peur, menaçant quiconque ne paierait pas de :
- être exposé à "des poursuites pour exercice illégal ainsi que son éventuel employeur" s'il n'est pas inscrit au tableau. c'est n'importe quoi étant donné que seul quelqu'un ayant commis une faute professionnelle peut être frappé d'exercice illégal et que le non paiement de la cotisation n'est pas reconnu comme tel. Et de toute façon, l'argument n'est pas recevable pour justifier l'obligation de fournir un chèque qui conditionnerait l'inscription au tableau puisqu'au regard de la loi et des articles L. 4112-3 à L 4112-6 du code de la santé publique, aucun paiement n'est requis comme pièce obligatoire (voir mon post du lundi 7 septembre 2009). Notez au passage que ce point de loi est shunté habilement mais que ces articles de loi sont cités en bas de page sur ce document. Sans doute pensent-ils que les petits infirmiers que nous sommes ne savent pas lire des textes de loi...
- se retrouver en proie à "soit un refus d’inscription, soit une enquête du conseil départemental compétent".
Rappelant au passage que "Le versement de la cotisation ordinale est une obligation légale annuelle pour chaque infirmier inscrit au tableau" (et tant qu'on n'est pas inscrit, ce n'est pas le cas) et que seul l'ordre, par le biais de son conseil départemental concerné, peut refuser l'inscription au tableau "si le professionnel ne remplit pas les conditions de moralité, d'indépendance et de compétence nécessaire". Alors là, attention! Qu'entend-on par "conditions de moralité"? ça fait peur, ça sent l'arbitraire à fond...
En gros, la seule façon d'enrayer la grogne selon l'ordre, plutôt que de tenter d'informer et de convaincre (trop tard, fallait le faire avant...), c'est de faire peur, de menacer les gens pour qu'ils payent sans rien dire, pour qu'ils soient un bon troupeau qui obéit au berger qu'il croit être. ça, c'est de l'argumentaire! Les interrogations des gens ne sont pas (seulement) celles listées dans ce torchon. Les gens veulent essentiellement savoir pourquoi on leur impose ce truc sans jamais les avoir consultés, pourquoi on leur demande de remplir un dossier inquisiteur, pourquoi on ne les a jamais informés à propos de tout ça, pourquoi on valide un scrutin caduque car n'ayant recueilli que 13,73% de suffrages... Mais ces principales interrogations, l'ordre ne daigne pas y répondre. Sans doute parce qu'il n'y a aucune justification à de tels agissements antidémocratiques et certainement parce qu'ils ne jugent pas utiles de le faire.
Et c'est exactement ces revendications que l'ordre ne veut pas entendre...ou plutôt qu'il entend mais ne daigne pas écouter...c'est encore pire.
Du mépris, que du mépris, encore et toujours...
Quand je vois ça, je me dis que le fait que cette instance (injustement imposée par une minorité à toute une profession) qui aura notamment pour rôle de faire régner la discipline, adécidera de qui aura le droit d'être inscrit et par là même de qui aura le droit d'exercer ou non, de juger de nos "conditions de moralité, d'indépendance et de compétence"...ben je me dis que je fais bien de me syndiquer.
Ce communiqué montre que l'ordre joue la carte de la terreur. L'ordre fait régner l'ordre. Il applique ses propre règles tout seul, sans notre avis, tout comme il l'a fait pour s'imposer à nous.
Et le pire c'est que ça marchera sur une partie des infirmier(e)s. L'ordre s'en servira comme preuve de l'adhésion de certains professionnels à ce qu'est l'ordre alors qu'en fait, ces derniers auront renvoyé leur dossier et leur chèque uniquement parce qu'il auront cédé face aux menaces infondées de l'ordre... (je n'invente rien, c'est ce que j'entends de la bouche des quelques rares infirmier(e)s rencontré(e)s et qui ont renvoyé ou vont renvoyer le dossier et la dime). Encore une énième preuve de la démocratie façon ordre national des infirmiers...
Question budget...
Pour finir, j'ai (enfin) trouvé un élément permettant d'avoir une très vague idée sur l'utilisation du budget de l'ordre (pour rappel, entre 36 et 38 millions d'euros pour cette année). Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça va encore alimenter la grogne... Ce document relatif à l'utilisation de notre argent se trouve en dernière page du dossier de presse émis par l'ordre le 17 juin 2009 que vous pouvez consulter ici :
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/04/53/51/dossier-de-presse.pdf
Vous pouvez lire le reste, ce n'est que de la propagande listant les belles idées qu'on eu pour nous les initiateurs de ce projet oligarchique. moi, ça me donne la nausée alors je vous conseille une prémédication avant lecture à base de motilium ou de vogalène...
Concernant l'utilisation de l'argent ponctionné sur nos salaires :
- près de 40% sont prévus pour les charges de personnel et 1,7% pour indemniser les élus (on vous prend des sous durement gagnés pour payer le salaire des employés de l'ordre... 41,7% de 75 euros soit un peu plus de 31 euros pour payer d'autres gens).
- près de 11% sont prévus pour les "locations, charges et assurances" (dont le loyer des 800m² de bureaux rue sainte-anne dans les très huppé 2ème arrondissement de Paris...).
- près de 10% pour les déplacements et frais de réunion (comprenant sans doute les gueuletons, les hôtels et autres séminaires... pendant que vous courrez dans vos services faute de moyens et personnels suffisants, vous êtes censés payer les frais de bouche, de déplacement et d'hébergement des "élus" et des dirigeants de l'ordre...).
- 17,5% dédiés aux honoraires et à la communication/publication ( faut bien payer les jolis tracts de propagandes et les agences de communication qui les pondent...).
Avec tout ça, on est déja à 80% du budget. Je rappelle quand même une nouvelle fois que cet ordre, nous n'en avons jamais voulu. Alors nous obliger à payer pour tout ce que j'ai évoqué ici et pour quelque chose que nous n'avons pas demandé... Notez aussi que si on se réfère à ce joli diagramme, on s'aperçoit que tout ce pactole de 38 millions d'euros n'apportera rien de concret sur le terrain pour améliorer nos conditions de travail et la qualité des soins apportés aux patients. Car il ne faut pas oublier que c'est dans ce dernier point que réside l'essence même de notre boulot. Aux antipodes de l'ordre...
Bref...
Ah oui, vous remarquerez que 0,5% sont réservés aux oeuvres sociales... L'ordre...Le social...hum hum...y a quelque chose qui colle pas... A moins qu'ils s'agisse du budget de l'arbre de Noël pour les enfants des employés de l'ordre...
Bon, je pense que c'est assez pour aujourd'hui.
Bonne journée, bonne lutte et à bientôt
*l'ordre en berger de la profession? Désolé, j'suis pas un mouton!*